Se libérer de la souffrance

  • Posted on: 1 May 2016
  • By: admin-principal

Il est important pour quelqu'un qui souhaite comprendre la vie spirituelle de ne se faire à soi-même aucune concession. Très souvent nous voyons mieux les choses quand notre propre intérêt n'est pas concerné ; mais quand quelque chose nous touche, alors nous ne sommes pas du tout capables de le voir. Quand nous sommes attirés par une chose, il est possible que nous éprouvions un sentiment de culpabilité, mais cela aussi rend la perception difficile pour nous. L'attraction n'est pas un mal en soi, évidemment. Il n'y a rien de mal dans le monde, en un certain sens.
Voir la beauté est une forme d'attraction, mais si nous désirons ardemment retrouver cette beauté, alors nous sommes empêtrés dans le filet du désir. Chaque fois qu'il y a plaisir, nous voulons que le plaisir se répète. Nous devrions voir que, dans ce cas, ce n'est pas l'objet qui importe, c'est notre propre mental qui crée ce modèle. C'est le mental qui crée les images du plaisir qu'il a une fois éprouvé et alors le désir est renouvelé. Si on doit se libérer de la souffrance, alors la liberté doit venir par la renonciation dans le mental, mais pas nécessairement par la renonciation à l'objet. On peut être entouré de nombreux objets et cependant se sentir non influencé par eux. On peut être entouré de tous les objets illusoires, éphémères du monde et cependant ne pas courir après eux. On peut aussi, inversement renoncer à tout et être intérieurement plein de désir, ce qui fait de nous des hypocrites, comme le dit la Bhagavad Gîtâ. L'attraction pour certaines choses et la répulsion aussi, devient une habitude, un processus mécanique. S'arracher à cela demande un effort soutenu et une intelligence extrêmement aiguë.
Dans la longue marche, le processus évolutionnaire enseigne à l'homme à cesser de désirer. Le plaisir est encore et encore recherché et la souffrance s'ensuit. Dans les premiers stades, l'homme attribue la cause de ses souffrances aux autres et aux circonstances extérieures. Mais à un point plus avancé de l'évolution, il s'éveille au fait que la cause de sa souffrance est sa propre action et sa propre perspective.
Nous sommes capables d'apprendre par un effort conscient et nous n'avons pas besoin de passer par la souffrance. C'est la différence entre l'homme qui a les pieds sur le Sentier et l'homme du monde. Le premier commence à essayer de trouver la vérité pour lui-même et ne pas laisser le simple processus de l'évolution l'enseigner. Chacun de nous peut faire cet effort de voir les choses réellement comme elles sont, de savoir ce qui est.
Nous devons tourner les yeux vers l’Éternel. Il semble qu'il y ait un long chemin depuis le fait de voir la misère du monde jusqu'à l’Éternel, mais, voir la misère, la souffrance, en chercher la cause, conduit au Sentier qui est le chemin vers l’Éternel.

Radha Burnier - Il n'y a pas d'autre chemin