Etre libre

  • Posted on: 6 March 2016
  • By: admin-principal

La grande voie n'a rien de difficile mais il faut éviter de choisir car choisir ou saisir quelque chose de particulier, s'y arrêter, c'est se couper du Tout, se détourner de l'Un.
Quand on est libre à l'égard de l'attraction et de la répulsion, la voie du milieu apparaît, qui n'est pas indifférence, mais équanimité, égalité d'âme. On peut reconnaître là un écho des Évangiles : "Ce qui est est ; ce qui n'est pas n'est pas, ce que vous dites de plus vient du Menteur" (Mt 5, 37) - certains traduisent par "du mental". Ce ne sont que représentations, surimpositions, il s'agit de demeurer dans la clarté sans jugement : "Ne jugez pas pour n'être pas jugés, car du jugement dont vous jugez, vous serez vous-mêmes jugés" (Mt 7, 1-2).
Ce sont vos jugements qui ouvrent un gouffre entre le ciel et la terre et vous éloignent de Dieu, du Tao, ou du Réel souverain qui permet à tout ce qui est d’être "ainsi". On pense à Saint Antoine et aux stoïciens : "Ne veuille que les choses ne soient comme tu le veux, veuille que les choses soient comme elles sont et tu connaîtras la paix." Et encore : "Tu ne peux pas changer le monde, tu peux changer ton regard sur le monde. Ce ne sont pas les événements qui te font souffrir, mais ton interprétation des événements réels."
Le Xinxin Ming précise qu'être pour ou contre, c'est la "maladie de l'homme".
Être libre, ce n'est pas choisir dans ce qui est, ce qui nous attire ou nous convient, ni rejeter ce qui nous répugne ; c'est choisir l'Un, le Tout, en sachant que chaque chose se transforme en son contraire

Jean-Yves Leloup - Un obscur et lumineux silence